La biodiversité est une thématique complexe. Les néophytes de l'environnement arrivent rarement à comprendre l'expression elle-même. Quand vient l'heure de la question: "à quoi ça sert?", les gens ne savent pas trop quelle peut-être l'utilité de la préservation d'une espèce menacée, tel le grand hamster d'Alsace par exemple. En effet, qu'est-ce que cette bestiole apporte à mon quotidien, en quoi sa disparition peut-elle perturber l'écosystème régional? Vaste question...moi-même je m'y perds et n'ai pas toujours les bons arguments à portée de main, sinon le respect du vivant.
Le plus souvent, on nous fait comprendre que la biodiversité est menacée par les activités humaines. Des fois, certains cas finissent devant le tribunal, lorqu'une espèce locale est menacée par un projet industriel. On peut se rappeler un des plus récents cas: le lys maritime qui a failli empêcher la construction de l'incinérateur de Fos-sur-Mer, étonnant, non? Quoi? tout ce bordel pour une fleur??!! eh oui...(bon finalement après moultes péripéties, l'incinérateur va être construit).
Jusque là n'empêche on comprend le schmilblick, l'homme est le pire des prédateurs et il détruit tout sur son passage...
Mais quand on nous dit que la biodiversité est menacée par des espèces animales et non l'homme, on commence vraiment à se taper la tête contre les murs! Et bien c'est le cas d'une récente étude de l'Union Européenne qui explique que les espèces invasives (comprendre les espèces qui n'appartiennent pas à leur écosystème) menacent la biodiversité européenne.
C'est ce qu'explique un article du Monde d'aujourd'hui. Le voici:
Près
de 10 670 espèces animales et végétales viennent d'être répertoriées
dans la catégorie des "espèces exotiques envahissantes", après trois
ans de travail mené dans le cadre d'un programme baptisé Daisie
(Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe). Le chiffre
a été rendu public lors d'une conférence consacrée au sujet, mardi 15
et mercredi 16 janvier, à Madrid, sous l'égide de l'Union européenne
(UE). Quelque 200 spécialistes y participaient.
"Nous avions sous-évalué le phénomène, reconnaît David Roy, coordinateur de Daisie. Le rythme d'introduction de nouvelles espèces n'a cessé d'augmenter au cours des dernières années."
Aucune liste n'existait jusqu'à présent au niveau européen. Une fiche
signalétique a été établie pour chaque prédateur : description,
comportement, aire de colonisation, impacts observés... 15 % des
espèces recensées produisent des dégâts avérés sur l'environnement,
l'économie ou la santé.
"En apparence, ces espèces peuvent
paraître inoffensives, voire plaisantes, comme ces jacinthes d'eau aux
fleurs violettes venues d'Amérique du Sud, mais nous savons qu'elles
sont une des principales sources de perte de la biodiversité et
qu'elles peuvent être le vecteur de nouvelles maladies", a rappelé Ladislav Miko, directeur de la direction de l'environnement à la Commission européenne. La berce des prés (Heracleum mantegazzianum),
introduite à des fins ornementales, prolifère de façon incontrôlée
partout en Europe. Au contact de la peau, elle provoque de graves
brûlures. En République tchèque, de nombreux enfants en sont victimes.
Depuis plusieurs années, la prolifération de la méduse Rhopilema nomadica
en Méditerranée - probablement arrivée d'Asie dans des eaux de ballast
de navires empruntant le canal de Suez - perturbe l'activité des
stations balnéaires. En Grande-Bretagne, en Italie, de charmants
écureuils gris venus d'Amérique du Nord sont devenus l'ennemi numéro un
des entrepreneurs forestiers...
LISTE NOIRE
La
facture à mettre sur le compte de ces espèces serait de plusieurs
centaines de millions d'euros par an pour l'économie européenne.
L'Espagne se montre particulièrement préoccupée. "Le phénomène se
développe de façon exponentielle, il est urgent d'organiser une riposte
collective. Un Etat seul ne peut lutter", a mis en garde la
ministre de l'environnement espagnole, Cristina Narbona. Madrid a
dressé une liste noire de 69 espèces à éradiquer. Parmi elles : la
moule zébrée. Originaire de la Caspienne et longue de 3 cm, elle
colonise depuis le début de la décennie le bassin de l'Ebre, éliminant
sur son passage tout ou partie de la faune locale. La densité de ses
colonies perturbe la navigation et les usines installées au bord des
cours d'eau voient leurs canalisations bouchées par le mollusque.
L'Irlande, la Grande-Bretagne, la Finlande, l'Allemagne et l'Italie
sont aussi confrontées à ce fléau à des degrés divers.
La
globalisation des échanges est le principal vecteur de la prolifération
des espèces envahissantes. Mais alors que d'autres pays, comme les
Etats-Unis ou la Nouvelle-Zélande, eux aussi victimes de ces espèces,
se sont dotés de plans d'action et de législations restrictives, les
Vingt-Sept ne disposent d'aucune stratégie, et leur arsenal commun est
très limité. "Si nous voulons parvenir à donner un coup d'arrêt à la perte de biodiversité d'ici à 2010, comme les pays membres (de l'UE) en ont pris l'engagement, il est urgent de prendre des mesures", insiste Patrick Murphy, de la direction de l'environnement.
Mais personne ne se berce d'illusions. "Beaucoup
de pays membres sont réticents à un plan d'action qui aura forcément un
coût. Les règles d'importation devront être durcies", ajoute M.
Murphy. D'ici à l'automne, la Commission devrait néanmoins mettre sur
la table des propositions, mais aucune décision ne sera prise avant...
2010. Soit après les élections européennes et le renouvellement de la
Commission. Les envahisseurs ont encore de beaux jours devant eux.
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